(Article complet sur lien-social.com, rédigé par Jacques Trémintin) "En matière de santé publique comme dans le social, l’intervention avant qu’une situation ne se dégrade ne fait pas vraiment partie de notre culture. Pourtant, une vigilance accrue et quelques mesures prises en amont pourraient éviter bien des problèmes."

"La notion de prévention est devenue extrêmement familière, qu’il s’agisse d’accidents de la route, de conduite à risques, de maltraitance, de conflits armés etc. On parle souvent de prévention mais sans savoir toujours de quoi il retourne.

En 1948, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) donnait une définition de la prévention en matière de santé qui pourrait s’appliquer au travail social. On y distingue, la prévention primaire, qui regroupe l’ensemble des moyens mis en œuvre pour empêcher l’apparition d’un trouble, d’une pathologie ou d’un symptôme. La prévention secondaire, qui consiste à réduire le développement d’une maladie. La prévention tertiaire qui s’adresse plus particulièrement aux populations déjà concernées pour éviter chez elles toute récidive de la maladie.

Dans le social, l’on peut définir aussi une prévention primaire (amélioration des conditions générales de la population), une prévention secondaire (aide aux personnes en difficulté pour leur permettre de se maintenir dans leur milieu de vie) et une prévention tertiaire (accompagner la réinsertion des populations exclues ou prises en charge en institution).
Si l’on reprend cette définition, l’action sociale et éducative auprès des bénéficiaires du RSA, des consommateurs de drogues, des chômeurs en fin de droit, des sans domicile fixe, des enfants retirés de leur famille… comporte une dimension « curative », mais aussi préventive qui relève de la prévention tertiaire.

Le travail de proximité de la prévention spécialisée dans les quartiers correspondrait plutôt à la prévention secondaire et tertiaire. Quant aux politiques sociales visant à améliorer les conditions générales de la population (prévention primaire), on les retrouve dans la création, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de la Sécurité sociale ou dans l’action en direction des familles (prestations familiales, allocation logement, ouverture de places de crèches…).

Le travail social tendu vers la prise en charge des populations exclues ou en voie d’exclusion est très pauvre en termes de prévention primaire qu’il estime le plus souvent ne pas relever de ses missions. Un peu comme s’il était suffisamment occupé à gérer ce qui est arrivé pour s’encombrer de ce qui pourrait arriver.

Quel que soit le domaine considéré, le budget consacré pour prévenir la survenue d’un dommage est infiniment moindre que celui investi pour y remédier. Une étude menée en 1995, par deux économistes, révélait que dans la lutte contre la toxicomanie le coût de la répression était sept fois et demie plus important que celui du sanitaire (qui intègre le soin et la prévention).

Les reportages qui vont suivre explorent donc un terrain peu familier au travail social. Les deux services qui y sont présentés sont innovants dans le sens où ils s’adressent, dans une logique de prévention primaire, à la population globale. Toute personne ou famille rencontrant une difficulté avec son enfant peut s’adresser à eux sans passer par un service social ou éducatif. Bien d’autres dispositifs existent qui se rapprochent de cette logique, mais ils représentent une goutte d’eau. Il revient aux autorités de tutelle de décider de les maintenir dans la confidentialité ou de leur accorder plus d’audience."

 

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